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Association Animath
Association pour l’animation mathématique

Animath est une association loi 1901, dont le but est de promouvoir l’activité mathématique chez des jeunes, sous toutes ses formes : ateliers, compétitions, clubs... dans les collèges, lycées et universités, tout en développant le plaisir de faire des mathématiques.

MYMC 2016 - Rome

La France revient au MYMC !

Article mis en ligne le 20 juillet 2016
dernière modification le 8 septembre 2016
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Voici le compte-rendu du Mediterranean Youth Mathematical Championship (MYMC), rassemblant du 20 au 23 juillet, pour sa troisième édition, seize pays dont les équipes sont constituées de deux garçons et deux filles. Rappelons que l’an passé, la France avait obtenu une belle troisième place, après une lutte d’autant plus serrée contre l’Italie et la Croatie que les problèmes n’étaient pas assez difficiles pour départager nettement les équipes.
Les épreuves seront-elles plus redoutables en 2016 ? La chance sourira-t-elle cette fois aux Tricolores ? Et Rome est-elle toujours éternelle ? A suivre...

Mercredi 20 Juillet

Notre vaillante délégation est constituée de Pierre-Alexandre Bazin, Aline Cahuzac, Pierre Godfard et Julia Mosseri, le chef (apparemment, ça se dit "chaperon" en méditérannéen) étant Guillaume Conchon- -Kerjan.
Pierre-Alexandre devait nous rejoindre à l’hôtel en Italie. Les autres prenaient l’avion à 14h15 à Charles-de-Gaulle, rendez-vous était fixé avant midi à Châtelet. La RATP nous avait spécialement affrété un RER direct jusqu’à l’aéroport. Aucun incident technique n’ayant été prévu sur le parcours, nous sommes arrivés bien en avance à notre terminal. Trop ? Débattant sandwich à la main de la possibilité d’acheter des colifichets toureiffelisés en plastique ou chocolat pour les autres équipes, nous nous retrouvons à enregistrer la valise d’Aline en hâte : c’est notre seul bagage en soute, il est heureux qu’il soit là pour la crème solaire et les compas : en somme, le matériel de tout bon mathématicien italien qui se respecte. Nous arrivons toutefois bien à l’heure à l’embarquement : condamnés par la Sky priority à une attente ennuyeuse (après tout, juillet est le mois du Tour de France), nous sortons l’intégrale des annales, donc 2013 et 2015, pour nous ouvrir l’appétit. Au menu, du rosbif (linguistiquement parlant). Ouf, les énoncés sont simples à comprendre, et le format QCM évite de devoir étaler ses fautes d’anglais au grand jour.

... Ah mince, c'est en anglais...
*... Ah mince, c’est en anglais...*

Certains exercices sont légèrement moins digestes que la collation servie à bord (non, vraiment, offrir ces macarons Pasquier à nos hôtes ne nous aurait pas fait honneur), mais nous nous posons de bonne humeur dans un aéroport romain où pavoisent trente-deux degrés Celsius.

Arrivée discrète.
*Arrivée discrète*

Mais après une longue attente, nous sommes forcés de reconnaître que nous sommes indignes des Fibonacci, Da Vinci et autres Peano : la crème solaire, les compas et la valise d’Aline sont restés à Paris et devraient arriver vers 20 heures à Rome, avant d’être ré-expédiés à notre hôtel demain matin.

L’équipe croate, encore plus en retard que nous, nous laisse le temps de faire connaissance avec les slovènes et chypriotes, ainsi qu’avec Nicole, notre sympathique guide. Nous poursuivons la conversation dans le bus qui nous mène à l’hôtel, à deux pas de l’université La Sapienza, où auront lieux les épreuves. Nous retrouvons Pierre-Alexandre, l’équipe est au complet ! Nous filons dîner dans l’autre hôtel où sont logées la plupart des délégations. C’est un buffet froid à volonté : les pâtes sont bonnes, la bresaola est bonne, la mozzarella est bonne, l’eau est bo... quasi-exclusivement pétillante : bienvenue en Italie !

Petites assiettes, mais on peut se servir n fois !
*Petites assiettes, mais on peut se servir n fois !*

De retour à l’hôtel, nous discutons brièvement de stratégie, et faisons le point sur le perfide langage d’Albion [devinette : sachant que "positive" signifie "strictement positif", quel terme Shakespeare employait-il pour parler d’un nombre "positif" - au sens large, donc positif ou nul ?]. Puis, nous filons au lit. Ces derniers sont un peu petits, mais les chambres sont avenantes et la climatisation efficace.

Notre mise au point technico-tactique portera-t-elle ses fruits ? La nuit portera-t-elle conseil ? Air France portera-t-elle la valise à l’hôtel ? A suivre...

Mercredi 21 juillet

Le bruit des voitures et ventilateurs ne perturba pas (trop) notre sommeil, et nous étions d’attaque pour un petit-déjeuner classique, de type buffet à volonté en petites assiettes. Après un repas diététique (croissants fourrés, jus de sucre, kiwis géants...), nous marchons sous le cagnard latin jusqu’au département de mathématiques de l’université.

La cérémonie d’ouverture démarre à 9h30. Le présentateur-directeur-organisateur-président du jury chauffe la salle en demandant successivement à chaque équipe de se lever, sous les regards et vivas des autres, jusqu’à ce que l’on ne sache plus où donner de la tête - avec une petite pensée pour l’équipe turque, qui n’a pas pu faire le déplacement suite aux récents événements. Il cède rapidement la parole à de nombreux invités, à commencer par le ministre de l’éducation.

Une cérémonie d'ouverture, ça prend deux diapos max.
*Une cérémonie d’ouverture, ça prend deux slides max*

Viennent ensuite quelques professeurs, et les représentants des fédérations sponsorisant généreusement la compétition, que l’on peut donc remercier d’offrir cette superbe opportunité à nos élèves.


*Aaarg, c’est le lobby de la physique théorique qui tire les ficelles de la compétition !*


*Aaarg, le cartel des maths appliquées est lui aussi derrière tout ça !*

Puis un petit exposé scientifique sur les potentiels lacs subglaciaires des îles Spitzberg...


*Si vous êtes au MYMC, ces équations devraient vous paraître triviales...*

Enfin, un dernier rappel - en anglais, toujours - sur les modalités de la compétition. La pression monte, c’est parti pour l’écrit... enfin presque : on est en avance, on nous offre une frugale collation, en évitant les matières trop grasses et trop sucrées.


*Vous prendrez bien un croissant fourré avec votre jus de sucre ?*

Après cet intermezzo, nous montons dans la bibliothèque, où chaque équipe compose sur un banc.


*C’est parti !*


*Autant d’ouvrages de maths, et aucun ne contenant les solutions...*

Un point sur l’épreuve
Le matin, chaque équipe dispose de 80 minutes pour chercher 15 problèmes (QCM ou réponses numériques). Une bonne réponse rapporte 2 points, une mauvaise, 0. Ne rien répondre offre déjà 0,5 point, pour encourager les équipes à ne pas écrire n’importe quoi.
L’après-midi ont lieu les "duels" : lorsque deux équipes s’affrontent, chacune reçoit trois problèmes et dispose de 4 minutes pour en choisir un à donner à l’adversaire. Puis, on a 20 minutes pour résoudre les deux problèmes qu’on a gardés et celui gracieusement offert par l’adversaire. Chaque équipe marque un point par problème résolu, un point supplémentaire étant accordé si l’équipe en face a résolu strictement moins de problèmes. Un duel peut donc rapporter jusqu’à 4 points, si on résout ses trois problèmes et que l’adversaire en fait au plus deux.
Chaque équipe prend part à deux duels, un contre l’équipe la plus proche après le classement du matin (premier contre deuxième, troisième contre quatrième, etc), et un contre une équipe tirée au hasard. L’après-midi permet donc de marquer au plus 8 points, mais le matin, 30...

Retour aux choses sérieuses
Les élèves sortent, tout contents de leur prestation en voyant le corrigé. Les résultats annoncés dans l’amphi confirment qu’ils ont bien lu ce dernier : la France est première avec un score maximal de 30 points, devant la Slovénie et la Grèce (28,5 points), puis l’Italie et l’Espagne (28 points).


*C’est bien parti.*

Après tirage au sort entre les deux deuxièmes, nous affronterons la Slovénie lors du premier duel. Mais il est temps de re-re-manger, et la cantine nous offre un déjeuner sur le pouce all’italiana, le plus difficile pour nos candidats sera sans doute de ne pas céder à la sieste post-prandiale...
Nous pouvons faire confiance à nos quatre champions, qui résolvent leurs trois exercices, ainsi que leurs adversaires. Ces derniers avaient un problème bien plus simple que prévu, le jury ayant oublié d’exclure le cas n=1, qui fournissait une solution triviale... Les résultats sont annoncés avec un peu de retard, suite à la confusion engendrée. Mais ça fait partie du jeu, et gageons que les Slovènes auraient probablement résolu sans mal la version "difficile" du problème qui ne l’est pas tant que cela.
Le tirage au sort nous attribue la Tunisie pour le second tour. L’Italie, qui a déjà joué ses deux duels, est à 35 points, nous à 33, et les autres équipes ayant encore un comb... duel en cours sont à 31,5 : un sans-faute permettrait à notre équipe de l’emporter. Nos élèves se déchirent (enfin bon...) sur l’interprétation d’un des trois énoncés, mais ils se reprennent et marquent même 4 points.
La France remporte donc le MYMC 2016 ! Un grand bravo à Pierre-Alexandre, Aline, Pierre et Julia pour ce brillant sans-faute !


*En attendant les résultats, on touche du bois*


*33 et 4 qui font 37... 37... comme la température à l’ombre...*

Rien de tel qu’un goûter léger pour fêter les résultats !


*Signore, il est l’ore del pico glicemico*

Nous recevons alors une pluie - sans doute la seule du séjour - de cadeaux de bienvenue : T-shirts, mugs, sacs, clés USB, stylos, brochures, plans, bref, la complète.
S’ensuit la traditionnelle procession de Sainte-Cécile : l’ensemble de flûtes de l’Académie de Sainte-Cécile nous donne un magnifique concert, tandis que des équipes entrent au compte-goutte, l’air de rien, dans l’amphi.


*Haendel, Passacaille*

On nous emmène dîner dans un troisième hôtel, où aucune équipe n’est logée - et après tout, pourquoi pas ? Nous retournons enfin à notre établissement, nos guides nous faisant faire un petit crochet par un glacier qu’ils recommandent vivement - et après tout, pourquoi pas ?
Demain, c’est la journée tourisme, et nous sommes d’autant plus contents de retrouver à l’hôtel la valise d’Aline (enfin) arrivée, avec son lot de crème solaire.

Vendredi 22 Juillet

Après une nuit polaire offerte par la climatisation économe de l’hôtel (c’est bien connu, plus la température visée est froide, moins on dépense d’énergie, même lorsqu’il fait 25°C dehors), nous quittons l’hôtel à 9h pour la Capitainerie du Port de Rome, où se déroule la cérémonie de clôture. Nous sommes accueillis par des officiers de la garde côtière, qui nous parlent de leur travail, consistant depuis quelques années principalement à secourir des migrants, et nous montrent un petit film touchant (mais les violons étaient sans doute de trop). Viennent ensuite quelques mots des officiels de la compétition, des olympiades italiennes ou de l’éducation nationale. Cela méritait sans doute une petite pause café...


*En plus, il y a des nouveaux gâteaux...*

Vient ensuite la remise des médailles, diplômes, et gris-gris, dont des casse-tête occupant le trajet en bus jusqu’à l’université, où nous prenons un modeste déjeuner (ou quand on demande à un cantinier une part de pizza, mais qu’il n’a pas de couteau, alors...). Nous enchaînons sur une visite rapide de Rome, alternant bus et marche à pied. Navone, Trevi, Panthéon, Colisée, tout y passe. On nous propose de nombreuses activités amusantes : chasser les fontaines d’eau potable, courser le petit drapeau italien de la guide pour éviter de se perdre, faire de la musique avec les boutons de l’audioguide, etc.

Nous prenons un petit apéritif - juste un verre d’eau, pour une fois - sur une péniche, et terminons par un dîner au même endroit que la veille.


*On est bien, là, non ?*

C’est là que nous prenons (déjà) congé de notre formidable guide, des italiens mais néanmoins fantastiques organisateurs et de la plupart des équipes. Nous regagnons notre établissement par un chemin sans doute pas optimal, car comme disait un grand petit homme, "tous les chemins mènent à Rome, mais la plupart, pas au bon endroit". Une vingtaine de personnes ont encore l’énergie de jouer aux cartes dans une salle de l’hôtel, dopés par quelques produits trop sucrés, dont nous avons désormais tous l’habitude.

Samedi 23 Juillet

Réveil difficile pour une journée qui s’annonce passionnante. Après avoir triomphé dans les temps du rangement des valises (ah, quand on part pour trois jours...), nous prenons congé de Pierre-Alexandre et le car nous emmène à l’aéroport. Au fait, P-A, quand pouvons-nous te rendre ta casquette, ton casse-tête et ton diplôme ? D’autant plus que ce dernier est complet, contrairement à celui d’Aline - qui a apparemment reçu la médaille de rien du tout.

Encore une fois, nous sommes fort en avance, et dilapidons ce temps à taper ce compte-rendu, après avoir déposé la valise. Et c’est un retour sous la non-grisaille parisienne qui vient terminer ce beau voyage. La prochaine édition aura lieu en 2017 à Trieste.



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